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Tibet, Birmanie, Démocratie – même combat

Apres avoir franchi l’Everest, la flamme sera-t-elle pour autant plus flamboyante, purifiée par l’escalade, mieux apte a éclairer les joutes pékinoises de 2008 ? C’est l’espoir que semblent nourrir les responsables des JO a venir, qui font boucler la région himalayenne afin d’avoir le champ libre pour les préparatifs et les répétitions avant la grande première en grande pompe pour la plus grande gloire d’un nationalisme chatouilleux. A moins que ce ne soit par souci d’éviter les grimpeurs, montagnards et autres individus fureteurs, qui refusent de mettre leurs yeux dans leurs poches lorsqu’ils sont témoins involontaires d’actes contraires aux lois internationales. Comme au Nangpa-la fin septembre 2006. « Pas vu, pas pris », tel reste le précepte conducteur d’une politique chinoise qui a fait ses preuves.

Les exemples sont légion – quelques-uns parmi les plus récents sont révélateurs. Que s’en est allé faire le garde des sceaux a Pékin en ce début d’année ? Tout bonnement signer un traite d’extradition avec son homologue chinois. Beau succès pour le pays qui se veut le garant des droits de l’homme que telle compromission avec un pays dont avocats et juristes internationaux s’accordent a admettre qu’il est un « pays sans loi ». Autre exemple de la clairvoyance politique française, ces avis du ministère du tourisme dans une brochure officielle conseillant a tous ceux qui ont affaire a des Chinois – touristes, entrepreneurs, commis-voyageurs et agents de commerce, partenaire, visiteurs, et j’en passe – de ne jamais mentionner dans la conversation des mots comme Taiwan, Tien Anmen ou Tibet. Sous prétexte de ‘règles de bienséance’.

Ce qui revient a dire qu’il est malséant d’aborder ce que l’on appelle pudiquement les sujets qui fâchent. Qui fâchent qui, d’ailleurs ? Autocrates, despotes, tyranneaux et autres dictateurs de tout poil, tous liberticides et répressifs, sectateurs d’une novlangue moderne, mais toujours de bois ? L’argent n’a pas d’odeur, dit-on, et d’aucuns ont la réputation de se vendre au plus offrant, toute vergogne bue et au mépris de leurs belles professions de foi.

Un week-end a Pékin

A s’étonner que la candidate socialiste a la présidentielle soit allée s’empêtrer en pareil bourbier : que veut-elle dire en déclarant qu’elle n’entend pas se poser e ‘donneuse de leçons’ ? Lors de son week-end pékinois, elle s’est pliée avec tant de bonne grâce aux exigences de l’étiquette du parti communiste chinois, organisateur de son voyage, que force est de s’interroger sur le but, voire l’utilité, d’un tel déplacement. Pour se faire connaitre, pour se faire un nom sur la scène internationale en affichant vouloir représenter le changement ? En l’occurrence, ce n’est pas uniquement de cela qu’il s’agit, mais de principes fondamentaux a défendre. Encore faut-il en avoir…

D’autres, trop rares, témoignent d’une vigilance bienvenue et bien ancrée. Récemment, Wei l’inflexible ne mâchait pas ses mots au Parlement européen, quand il rappelait les menaces insistantes de Pékin contre Taiwan, seule démocratie de la longue histoire chinoise. Un ancien dissident soviétique lui emboitait le pas. Ironie de l’histoire, Lev Navrozov est aujourd’hui a la tète d’un Centre pour la survie des démocraties occidentales… Ces deux-la savent sans nul doute de quoi ils parlent – mais qui donc s’en soucie ? Ce n’est pas peindre le diable sur la muraille que prêter attention aux signaux convergents, la politique de l’autruche n’a jamais été une solution viable, même si avoir raison avant les autres n’a jamais été une sinécure.

Certains le savent bien – comme cette poignée de lauréats de prix Nobel de la paix qui ont demande début janvier un visa dans diverses ambassades de Birmanie a travers le monde, de Washington a Seoul, pour rendre visite a Aung San Suu Kyi toujours embastillée. La junte a certes relâché quelque 2000 détenus, dont une vingtaine de prisonniers politiques, mais la Dame de Rangoun reste toujours en résidence surveillée. Parmi les lauréats qui ont soutenu cette initiative, Desmond Tutu, le Dalaï-lama et Elie Wiesel. Nul de s’étonnera cependant que la démarche ait été rejetée sur-le-champ…

Par association d’idées, l’écrivain tibétaine d’expression chinoise Woeser est toujours une cible privilégiée des autorités de Pékin : des blogs mentionnant son nom ou ses écrits ont été récemment suspendus sur ordre policier. Telle est la manière très particulière d’appliquer les promesses officielles d’alléger les restrictions imposées a la liberté d’expression en Chine… Quant aux journalistes qui auront désormais théoriquement le droit de se rendre librement ou ils l’entendent sans permis préalable, ils devront quand même avoir l’assentiment des personnes qu’ils souhaitent rencontrer. Curieusement et en parallèle, des dissidents ou protestataires plus ou moins connus sont fermement « pries » d’aller loger ailleurs, loin du lieu ou ils résident d’ordinaire : pratique, pour les retrouver…

Pendant ce temps, au Tibet même, la colonisation se poursuit comme si de rien n’était, avec des signes qui ne trompent pas. Le chemin de fer inaugure il y a six mois déverse quotidiennement sa cargaison de colons et de migrants, les effectifs militaires et policiers disposent désormais d’u moyen de transport a bas cout, tandis qu’entreprises chinoises et sociétés internationales se frottent les mains de pouvoir acheminer commodément leur butin. Les Tibétains, eux, notamment les moins bien lotis, en payent le prix : ainsi, ces paysans contraints d’abandonner leur habitat traditionnel sous prétexte d’avoir accès a la modernisation dans des maisons strictement alignées… le long de la voie ferrée et des routes, avec drapeau rouge obligatoire pour remplacer les traditionnelles bannières de prières, dont ils doivent assumer les couts quitte a s’endetter et a se séparer de leur bétail. Une manière détournée de favoriser l’exode rural, d’urbaniser a outrance, de faire place nette pour les nouveaux arrivants ? Ou encore de garder a l’œil de potentiels récalcitrants par un appauvrissement a dessein et une sédentarisation insidieuse ?

Autant de questions que la candidate socialiste n’aura sans doute pas eu le temps d’aborder entre sourires et poignées de mains avec ses hôtes chinois. Sous couvert de bienséance, cela va de soi. Et même si le respect des droits de l’homme, des principes démocratiques et des libertés fondamentales n’est pas sa tasse de the, il convient de faire savoir a tous les politiciens en quête de voix que Tibet, Birmanie et démocratie en Chine ou ailleurs sont des préoccupations citoyennes prioritaires. Car c’est encore et toujours notre propre liberté qui est en jeu.

Claude B.Levenson


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