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Explorations : Reportage au Tibet

Article du 3 octobre 2006, extrait du site les-identitaires.com : Le site des identitaires

Voir en ligne : les-identitaires.com

Peu de médias ont relevé la véritable importance de l’ouverture de la ligne ferroviaire la plus haute du monde, qui relie désormais la Chine au Tibet, du Qinghai à Lhassa, s’étirant sur 1 142 km dont 86 % à une altitude de 4 000 m. Mis à part quelques entrefilets dans la presse pour lobotomisés qui étaient à la limite de la promotion touristique, il n’y a pas eu d’analyses en termes politique, écologique et militaire sur cet événement tant attendu par le géant chinois. En tout cas je n’ai relevé aucune reprise des communiqués des Tibétains en exil ou d’informations concernant l’emprisonnement de centaines de leurs militants qui manifestaient en Inde ou à Hong Kong. Ce train chinois, qui fait le plein, est selon moi le dernier clou planté sur le cercueil d’une nation assassinée.
L’eau est un défi mondial et une arme terrible En Asie centrale, le plateau himalayen est pourtant un point stratégique de première importance. Ce plateau, grandement constitué par le Tibet aujourd’hui sous domination chinoise, est aussi le réservoir d’eau de plus d’un milliard de personnes… Il est facile de comprendre que le chantage sera facile pour les Chinois contre tout voisin non aligné. Outre cette inquiétante considération écologique, la militarisation du plateau est en marche. Par route et voie aérienne il était difficile et long d’acheminer du matériel lourd, notamment militaire et surtout nucléaire. Désormais, le rail permettra aux Chinois de définitivement s’implanter tout en invoquant l’amélioration des infrastructures « au service de la région autonome du Tibet et son peuple ». “Save” or “Free” Tibet ?
Lors de mon voyage dans le Nord de l’inde en mars 2006, j’ai pu rencontrer les membres d’un gouvernement en exil encore remplis d’espoir et qui veulent toujours croire en la "voie du milieu" et à la non-violence, à l’image de ce qu’avait pu faire Gandhi en Inde. Bien que la non-violence des indépendantistes Indiens reste à discuter, Gandhi avait derrière lui plusieurs centaines de millions d’Indiens face à une administration et armée Britanniques en proie au doute tout autant que l’opinion publique de Sa Majesté. La Chine, après l’ère de la revanche et celle de la reconstruction, entre dans l’ère de la domination. Elle est forte, elle est fière, elle a un milliard trois cents millions d’habitants et une capacité militaire de 600 millions de soldats… Face à ce géant arrogant, les élites tibétaines ne demandent plus l’indépendance : "Free Tibet" mais une autonomie négociée avec la Chine : "Save Tibet". Ils espèrent des négociations qui permettraient un retour au pays du XIVe Dalaï-Lama et de plus de 100 000 réfugiés après presque 50 années d’exil. Sur place six millions de Tibétains prient pour son retour comme symbole d’unité retrouvée et d’une possible autonomie. Et ce bien que l’occupation chinoise détourne de plus en plus de Tibétains, acculés au désespoir, à trahir leur patrie en rejetant leurs coutumes et en adhérant au matérialisme athée chinois.

La cause tibétaine, dont la mainmise des bobos européens en mal de spiritualité et autres starlettes opportunistes de Hollywood a empoisonné le véritable combat de libération, est l’exemple même de ce qu’il ne faut pas faire en politique intérieure et internationale. Et malgré la sympathie que j’éprouve pour le Dalaï-Lama à qui j’ai pu serrer la main à l’occasion de ce voyage qui m’emmena en ce lieu enchanteur qu’est Dharamsala, j’avoue n’avoir aucun espoir pour ce qui concerne à court, moyen ou long terme l’indépendance du Tibet qui depuis 1949 est occupé par la Chine communiste. Régime qui, sous couvert d’adoucissement en vue des jeux Olympiques, continue de mettre en coupe réglée un peuple premier, traditionnel et pacifique par des durs fanatisés, administratifs, policiers et militaires. Il n’y a aucun fléchissement, aucune pitié pour les autochtones en voie de clochardisation. Surtout lors des quelques soulèvements, qui furent rapidement écrasés dans le sang et la torture dans l’indifférence générale.
L’invasion migratoire comme arme de destruction massive
Depuis 1949, 1,5 million de Tibétains sont morts du fait de l’occupation chinoise. Dans le même temps, du fait de l’immigration chinoise et de la "sinisation" forcée du Tibet, on dénombre aujourd’hui plus de Chinois que de Tibétains au Tibet : 7,5 millions de Chinois Han contre 5,8 millions de Tibétains… L’immigration-invasion est bien un fléau pour chaque nation du monde. Que celle-ci soit imposée ou comme chez nous follement permise.

Pour nous Français et européens, "identitaires", "nationaux", "patriotes", si divisés, si fatigués, si déchirés par l’envie et la lâcheté nous pouvons apprendre à la vue d’un cas tel que celui du Tibet ce que veut dire, ce que veut représenter l’un des exemples les plus cruels d’un pays au peuple ethniquement, culturellement, spirituellement et politiquement anéanti. Ce qui va nous arriver, par le fait du renoncement de nos peuples qui se laissent coloniser. On peut comprendre la dimension spirituelle forte du bouddhisme tibétain, de son ordre, de ses couleurs et traditions magnifiques, comme moyen de lutte pacifique, qui soit dit en passant n’est pas tendre avec les nouvelles valeurs décadentes de la société occidentale dont l’homoparentalité et le métissage mondialiste, favorisant plus l’approche de « la véritable diversité culturelle qui ne peut pas exister sans les barrières qui séparent et identifient une culture par rapport à une autre ». Mais il peut apparaître comme incompréhensible pour nous Occidentaux qu’en près de 50 ans personne n’ait cru en la méthode de la résistance armée, de la guérilla… Personne ? Il y a pourtant bien eu une tentative de résistance durant 20 ans dans les montagnes, des coups d’éclats héroïques appuyés par la CIA (voir le livre "The CIA’s Secret War in Tibet").
Je sais qu’il existe aujourd’hui une armée d’élite tibétaine cachée au sein des troupes indiennes du Nord… Mais c’est de la jeunesse qui vivra la fin et verra la suite de l’actuel "Kundun" que viendra la surprise.

Radicalisation à venir d’une Jeunesse désespérée J’ai voulu savoir s’il y avait un autre son de cloche parmi les Tibétains. C’est ainsi que j’ai pu rencontrer l’aile radicale de la Jeunesse tibétaine que l’on retrouve en général au sein de l’organisation de la TYC, "Tibetan Youth Congress" et de ses 30 000 membres. J’ai vu des gravures de mode expliquer leur point de vue à de vieux soixante-huitards, et élus européens blasés pour la plupart. Mais j’ai ressenti autre chose en discutant avec des hommes de mon âge qui, derrière leurs beaux costumes traditionnels, laissaient deviner d’autres intentions que celles pacifiques de leur chef spirituel. J’ai pu imaginer que cette belle jeune femme, qui me parlait avec ses documents de papier glacé à la main, pourrait à l’avenir se faire exploser dans un commissariat chinois à Lhassa. Une vision forte et tragique à la fois. Ce qui remettrait en cause la primauté du haut clergé tibétain au profit du peuple combattant. C’est après le décès de leur actuelle icône spirituelle et parce qu’il sera impossible ou presque aux Tibétains de tradition de retrouver en Chine la réincarnation du futur XVe Dalaï-lama qu’une radicalisation violente est à attendre. Les Chinois n’attendent que cela et leur attitude ne fera qu’aggraver les choses puisque Pékin n’a rien trouvé de mieux que d’inventer "des réincarnés prêts à l’emploi". Ils feront emprisonner ou disparaître ceux qui seront reconnus par les futurs Lamas. Ce qu’ils firent pour le Panchen Lama, second leader spirituel tibétain par importance, enlevé à l’âge de 6 ans au Tibet avec toute sa famille, dont on ne sait pas ce qu’il est devenu et qui aurait aujourd’hui 13 ans, à moins qu’il soit mort.

C’est de la jeunesse tibétaine, débarrassée de la génération ayant connu l’exil, que viendra peut-être la clé de libération d’une terre et d’un peuple en voie d’extinction.

Louis NAILLAC


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