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Ce qu’il reste de nous

Présenté à Porto Vecchio et Ajaccio dans le cadre des Journées Montagne, le film "Ce qu’il reste de nous" met l’esthétique au service d’une cause : celle du Tibet.

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En 1994, un jeune diplômé en médecine, François Prévost, prend part à l’émission "La Course destination Monde", produite par Radio-Canada, qui donne l’occasion à une sélection de jeunes gens de parcourir le monde, caméra au poing, pour réaliser des reportages sur des sujets de leur choix. Il reviendra de ce périple d’une vingtaine de semaines en ayant remporté plusieurs récompenses. « Au terme de cette aventure, qui a changé beaucoup de choses dans ma vie, j’ai gagné un stage de réalisation. Mais j’ai tout de suite voulu faire quelque chose de plus excitant que de rester à Montréal. J’ai donc proposé de faire un reportage sur le Tibet. On a aimé l’idée, car depuis plusieurs années déjà, impossible d’y envoyer des journalistes. »

François Prévost embarque dans l’aventure un autre ancien participant de "La Course destination Monde ", Hugo Latulippe. Ils rentrent au Tibet avec un visa touristique et en ramènent un film de trente minutes dont ils ne s’estiment pas satisfaits : trop court, alors qu’il y a tant de choses à montrer sur ce que François Prévost appelle « la plus grande prison du monde ». Ils vont – à plusieurs reprises – retourner dans ce pays, toujours en simples touristes, ensemble ou à tour de rôle, avec une petite caméra et un moniteur soigneusement dissimulés. Ils ne font pas qu’en ramener des images, ils se font les messagers de Tibétains réfugiés qui tentent de retrouver des parents restés sur place.

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Puis, en 2000, ils réalisent une interview du Dalaï Lama en exil en Inde. « À la fin de notre conversation, rapporte François Prévost, nous lui avons demandé s’il avait un message pour les Tibétains qui vivaient encore de l’autre côté de l’Himalaya. Il a réfléchi quelques secondes et s’est mis à parler durant cinq minutes. Sans une seule virgule. C’était en tibétain, je ne comprenais rien, mais à ce que je voyais à l’écran, je sentais que quelque chose d’extraordinaire était en train de se produire. » Les deux réalisateurs décident alors de porter aux Tibétains la parole de leur chef spirituel et politique et de filmer leurs réactions.

Ils font appel à Kalsang Dolma, une jeune Tibétaine de vingt-huit ans, née en Inde dans un camp de réfugiés puis émigrée au Canada. Elle n’a jamais connu son pays d’origine autrement que par les récits que lui en fait son père qui a veillé à ce qu’elle ne perde pas sa langue maternelle, et aussi par la musique et le chant traditionnels qu’elle a tenu à étudier. Elle sera l’interprète des cinéastes et la gardienne du message du Dalaï-Lama. Durant quatre ans, ils vont effectuer plusieurs séjours au Tibet. « D’abord, explique Kalsang Dolma, nous décidions de parcourir une région de ce vaste pays. Nous ne savions jamais à quoi nous attendre et prenions quelques jours pour découvrir l’endroit. C’est ainsi que nous faisions des rencontres, au hasard. Ensuite, nous parlions de notre projet, certains de pouvoir faire confiance aux gens rencontrés. Il fallait que je traduise fidèlement ce que me disaient les gens, qui parlaient parfois des dialectes différents du mien. » Une fois le contact établi, devant des familles rassemblées, la jeune femme produisait le petit écran portatif. Ses deux compagnons de voyage filmaient les réactions, l’émotion, les commentaires, l’expression de l’émotion et de la douleur. Lors du premier voyage, Kalsang retrouve ses trois tantes. « Je reconnaissais mon père dans les traits de l’une d’elles. Je me suis dit : c’est ici que mon père est né. » Elle se souvient de sa rencontre avec les nomades : « Les yacks, les moutons, les chiens partout autour d’eux. Leurs mains, leurs doigts solides. C’était le début de l’été, tout était vert et le ciel turquoise. J’ai beaucoup de colère en pensant à ce qu’il advient des ressources naturelles du Tibet qui sont en train d’être dilapidées. Mais parfois je me demande à quoi elle sert, cette colère… »

Ce qu’il reste de nous a remporté, depuis sa sortie en salles, de nombreux prix. « Mais, dit Hugo Latulippe, au fond, on s’en fout. » L’important étant avant tout que ce travail ait atteint un objectif. « Le film peut paraître pessimiste. Mais, je crois que tant qu’il y a de l’avis, il y a de la vie ; tant qu’il y débat, il y a de l’espoir. L’intention du cinéaste derrière tout ça n’est pas de provoquer, mais de forcer la réflexion. En cinéma documentaire, nous prenons beaucoup de temps pour réfléchir au comment : comment nous parlons, nous tournons, nous transmettons le message. Je crois que le cinéma documentaire a le pouvoir de susciter la réflexion, justement à cause de cet esthétisme. »

Elisabeth Milleliri - Club Corsica


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